Accueil
Actualité
Catalogue
A paraître
Blog des ELS La Revue Littéraire



jeudi 16 mai 2019

2532. "Kaléidoscope I. Images et idées" de Tristan Garcia par Laurent de Sutter dans "Focus"

Laurent de Sutter consacre une page à Kaléidoscope I. Images et Idées de Tristan Garcia dans Focus, le supplément culturel du Vif.

« À ma gauche, Garcia signe un recueil d’articles échevelé, sautant de la littérature au sport, de l’art contemporain au jeu, de la bande dessinée à la science-fiction ou à la technique, couvrant un petite partie des sujets auxquels il s’intéressait à ses heures perdues tandis qu’il rédigeait Forme et objet (PUF, 2011), La Vie intense (Autrement, 2016) ou Nous (Grasset, 2016).

Des deux côtés, c’est une même jubilation à penser à ras du présent et de ses problèmes dans le but d’en démontrer la capacité à nous pousser à reformuler notre savoir, nos idées ou nos visions du monde qui se trouve mise en oeuvre -une jubilation qui n’est ni celle d’un je-sais-tout ni celle d’un vendeur de sagesse, mais, tout simplement, celle de quelqu’un qui a envie de sentir que son cerveau est en vie. Des deux côtés aussi, c’est un même refus de laisser les hiérarchies et les jugements dicter ce qu’il en est du pensable, une même volonté de considérer que ce qui compte avant tout est ce qu’on fait avec ce qu’on pense, et un même engagement en faveur d’un monde qui serait plus juste, plus beau et plus vrai. Maniglier a aujourd’hui 46 ans -et Garcia 38. Parler de nouvelle génération serait sans doute réducteur. Mais il est certain qu’il se passe quelque chose dans la pensée, aujourd’hui, qui se dégage enfin de la gangue épuisante laissée par les grands maîtres de l’ère de la French Theory. »

Pour lire l'article en entier cliquez-ici.

mercredi 15 mai 2019

2531. "Apollon dans la poussière" de Thomas A. Ravier, entretien avec Arnaud Jamin dans Diacritik

Diacritik publie le jour de la parution du nouveau roman de Thomas A. Ravier, Apollon dans la poussière, le grand entretien que lui a consacré Arnaud Jamin.

« L’année dernière son essai chez Léo Scheer Sans le baroque, la musique serait une erreur annonçait la couleur d’un amour sans limites pour cette forme particulière de pulsion de vie dans les arts dont il est le digne héritier. Son nouveau roman Apollon dans la poussière, toujours chez Léo Scheer se lit sans lever les yeux, la puissance des personnages fixant le lecteur au texte et le doute imposant partout le désir. Le genre de texte qui avance et qu’on ne peut laisser.

Une intrigue, une enquête, de l’action. Apollon dans la poussière peut apparaître comme un polar sous influence cinématographique. Êtes-vous parti de cette forme particulière de récit pour l’écriture de votre texte ?

Dès la genèse du livre, j’ai décidé de laisser intervenir dans le processus d’écriture ma cinéphilie. Jusqu’ici, j’avais toujours pensé que l’influence du cinéma ne pouvait qu’être préjudiciable au roman. Pour preuve, les romanciers contemporains, qui baignent dans le visuel. J’entends par visuel un rapport à la vérité à la fois trop cru et trop mou. La littérature entretient un rapport à l’invisible, donc à la révélation, alors que le cinéma, a priori, est rivé à la question de la représentation. Plutôt qu’un polar, ou même qu’un polar méridional, je dirais qu’Apollon dans la poussière est un livre nocturne. La nuit libère un certain nombre d’images, et finalement tout un refoulé plastique, comme dans les rêves. Je dois dire que j’ai été profondément marqué par le geste de Yannick Haenel que je lis depuis des années avec beaucoup d’intérêt. Haenel a entièrement renouvelé l’usage de la vidéothèque. Avec Tiens ferme ta couronne, il m’a réconcilié avec des films… que je n’ai jamais vus ! Cette nouvelle intelligence de la vidéothèque en action m’a sans doute encouragé à dépasser ma méfiance initiale. Mais c’est aussi une influence plus « scénographique » que je dois à une cinéphilie de jeunesse issue de cette culture des Cahiers du cinéma qui fut la mienne, avec le dogmatisme que cela suppose, à un moment où je voulais être cinéaste.

J’ai écrit sur Hitchcock, mais aussi sur la période américaine géniale de Fritz Lang, de même que sur l’œuvre de Robert Bresson qui a sauvé le cinéma (L’œil du prince, Gallimard 2008). Tous ces films pourtant si dissemblables ont en commun une construction narrative qui s’élabore généralement autour d’un objet autant que d’un personnage principal. C’est le procédé dit par Hitchcock du « MacGuffin » : on suit la circulation d’un objet clef, circulant de main en main. Voilà une des premières idées de mon livre : créer un récit à partir d’un objet aussi ambigu et sulfureux que possible, un objet au pouvoir maléfique, en l’occurrence une bague. Cette bague, c’est une topaze dont on va découvrir qu’elle aurait supposément appartenu à Marguerite Duras. Laure Adler l’a raconté dans sa magistrale biographie : Duras aurait donné une topaze à un chef de la Gestapo, dans le but de faire libérer Robert Antelme des camps. Avant de se donner elle-même, soit dit en passant. Sacré pacte faustien ! Justement, la puissance de la littérature par rapport au cinéma tient selon moi à tout ce qui peut être formulé sur le sujet féminin. Le cinéma a un cahier des charges publicitaire. Il relaie en cela les magazines, la publicité… Il travaille à véhiculer un mensonge de masse sur ce qu’est la substance féminine. Qu’on ne s’y trompe pas, de Godard à Lynch l’idolâtrie fonctionne à plein régime. En imaginant le personnage de la chanteuse lyrique, j’avais dans l’idée de jouer avec l’inconscient cinéphilique du lecteur. J’ai prénommé ma cantatrice Madeleine, évidemment en référence à Hitchcock et au personnage de Vertigo. Mais si mon livre entend exploiter la mémoire du cinéma, il entend aussi montrer les limites de cette imagerie féminine. Ce qui manque au cinéma, c’est évidemment une pensée de la voix humaine, une voix dont le seul enregistrement mécanique ne suffit pas. L’intériorité de la voix, c’est autre chose. Faute de faire entendre cette intériorité, on en reste encore une fois à une simple question de représentation.

Mon roman est donc délibérément construit autour d’une impasse : Madeleine a perdu sa voix après un accident ; mais Apollon aidant, elle va retrouver son chant. Les Dieux vont la porter plus loin que ce que produit le seul charme vénéneux de la cinéphilie. C’est polémique. J’avoue, je touche à l’idole ! Une grande faute du point de vue de la religiosité du spectacle, non ? Trouvez- moi, depuis Sollers, un écrivain, aujourd’hui, capable de voir non pas l’enfer mais l’envers des femmes ? Non seulement, entre les hommes et les femmes, il s’agit, comme j’aime à le dire, d’une guerre de religion, mais aussi, d’une certaine façon, d’une guerre grammaticale ! Et tant mieux. Nier ce clivage, ou l’affadir à l’échelle d’une civilisation, c’est s’en prendre au langage lui-même, qui vit de cette tension interne. Sur cette question, c’est peu de dire que les écrivains du 21e siècle – et particulièrement les écrivains français – sont d’une timidité confondante. Haenel, par exemple, que j’admire infiniment comme artiste, a la sagesse de se cantonner à cette dimension du sacré féminin. Les déesses s’imposent, le matriarcat n’est pas inquiété. Dans son livre sur le Caravage, il s’identifie au geste criminel, pour ne pas dire castrateur, de Judith, c’est étonnant. Ce n’est pas ma position. Autant je suis terriblement attentif à la présence des déesses, autant je ne crois pas que seule une femme puisse encore nous sauver, pour le dire ironiquement. Haenel a choisi de s’éloigner au maximum de la position sollersienne, à savoir que le monde appartient aux femmes, c’est-à-dire à la mort. Ça explique du reste son succès, suspect, compte tenu de la beauté de son œuvre et du mauvais goût de la réception critique. A l’opposé du spectre, vous avez Houellebecq qui du tréfonds de son nihilisme donne dans la misogynie organique. Sinistre ! Je prétends que la littérature offre, dans ce domaine, des possibilités autrement pénétrantes. Et autrement riches.

Avec Apollon dans la poussière, j’ai tenté de disséquer sur un mode comique la femme française et son ADN « durassien ». Duras, pour une Française, c’est une malédiction qui se transmet de mère en fille ! Pour autant, dans mon esprit, le roman doit s’imposer comme un espace privilégié de la véritable émancipation féminine (et non celle programmée par le magazine universel). A savoir l’expression d’une jouissance inconditionnelle. Ni fée, ni sorcière ! Voilà un slogan intéressant, non ? »

Pour lire la suite de l'entretien cliquez-ici.

mardi 14 mai 2019

2530. "Apollon dans la poussière" de Thomas A. Ravier par Stéphane Barsacq

Stéphane Barsacq nous partage sa lecture du nouveau roman de Thomas A. Ravier, Apollon dans la poussière qui paraît demain 15 mai en librairies.

« Lecture du livre de mon ami Thomas A. Ravier, Apollon dans la poussière (Éditions Léo Scheer). Pourquoi cette référence au Seigneur de Delphes ? Peut-être parce qu'Apollon chante en frappant sa lyre et en usant des rayons du soleil comme plectre ? Peut-être aussi parce qu'il est double : il plaît et il tue. Toute la question est de savoir qui.

Ce livre a je-ne-sais-quoi du Malraux de l'époque farfelue ou du René Crevel de Êtes-vous fou ? C'est vif, enlevé et très drôle : impossible à résumer, sauf à dire que c'est aussi beau que la rencontre fortuite de Marguerite Duras et de Tintin sur la scène de l'Opéra Charnier.

Ceci devrait mettre en joie Frank Riesert : Mon architecte préféré ? Dieu, bien sûr ! ; ceci, François Pinault : On dirait un prince de la Renaissance dans un centre commercial bondé. ; ceci, tout le monde : Je t'aimais tellement, c'est ça le pire. Tellement que j'aurais pu me tuer pour toi. Me sacrifier comme Alceste dans l'opéra de Lully. - ça ne te dit rien ? Mais si, souviens-toi, tu as ronflé pendant les cinq actes... Oui j'aurais pu me tuer pour toi. Cinq ans plus tard, c'est drôle, c'est l'inverse : je pourrais te tuer. Le massacre de la Saint-Valentin ! »

Archives Syndication
octobre 2019 (221)
septembre 2019 (271)
août 2019 (235)
mai 2019 (163)
mars 2019 (211)
février 2019 (196)
janvier 2019 (273)
décembre 2018 (183)
novembre 2018 (210)
octobre 2018 (221)
septembre 2018 (271)
août 2018 (235)
juillet 2018 (177)
juin 2018 (192)
mai 2018 (163)
avril 2018 (122)
mars 2018 (211)
février 2018 (196)
janvier 2018 (273)
décembre 2017 (183)
novembre 2017 (210)
octobre 2017 (221)
septembre 2017 (271)
août 2017 (235)
juillet 2017 (177)
mai 2017 (163)
février 2017 (196)
janvier 2017 (273)
décembre 2016 (183)
octobre 2016 (221)
septembre 2016 (271)
août 2016 (235)
juillet 2016 (177)
juin 2016 (192)
mai 2016 (163)
avril 2016 (122)
mars 2016 (211)
février 2016 (196)
janvier 2016 (273)
décembre 2015 (183)
novembre 2015 (210)
octobre 2015 (221)
septembre 2015 (271)
août 2015 (235)
juillet 2015 (177)
juin 2015 (192)
mai 2015 (163)
avril 2015 (122)
mars 2015 (211)
février 2015 (196)
janvier 2015 (273)
décembre 2014 (183)
novembre 2014 (210)
octobre 2014 (221)
septembre 2014 (271)
août 2014 (235)
juillet 2014 (177)
juin 2014 (192)
mai 2014 (163)
avril 2014 (122)
mars 2014 (211)
février 2014 (196)
janvier 2014 (273)
décembre 2013 (183)
novembre 2013 (210)
octobre 2013 (221)
septembre 2013 (271)
août 2013 (235)
juillet 2013 (177)
juin 2013 (192)
mai 2013 (163)
avril 2013 (122)
mars 2013 (211)
février 2013 (196)
janvier 2013 (273)
décembre 2012 (183)
novembre 2012 (210)
octobre 2012 (221)
septembre 2012 (271)
août 2012 (235)
juillet 2012 (177)
juin 2012 (192)
mai 2012 (163)
avril 2012 (122)
mars 2012 (211)
février 2012 (196)
janvier 2012 (273)
décembre 2011 (183)
novembre 2011 (210)
octobre 2011 (221)
septembre 2011 (271)
août 2011 (235)
juillet 2011 (177)
juin 2011 (192)
mai 2011 (163)
avril 2011 (122)
mars 2011 (211)
février 2011 (196)
janvier 2011 (273)
décembre 2010 (183)
novembre 2010 (210)
octobre 2010 (221)
septembre 2010 (271)
août 2010 (235)
juillet 2010 (177)
juin 2010 (192)
mai 2010 (163)
avril 2010 (122)
mars 2010 (211)
février 2010 (196)
janvier 2010 (273)
décembre 2009 (183)
novembre 2009 (210)
octobre 2009 (221)
septembre 2009 (271)
août 2009 (235)
juillet 2009 (177)
juin 2009 (192)
mai 2009 (163)
avril 2009 (122)
mars 2009 (211)
février 2009 (196)
janvier 2009 (273)
décembre 2008 (183)
novembre 2008 (210)
octobre 2008 (221)
août 2008 (235)
juillet 2008 (177)
juin 2008 (192)
mai 2008 (163)
avril 2008 (122)
mars 2008 (211)
février 2008 (196)
janvier 2008 (273)
décembre 2007 (183)
novembre 2007 (210)
fil rss
fil rss commentaires



Copyright
Top