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Blog des ELS
La Revue Littéraire

La Revue Littéraire Le Blog de Marilou

dimanche 11 novembre 2012

132. Reprise de La Revue Littéraire

La Revue Littéraire reprendra avec la livraison du N° 55, au début de l'année 2013. Après une période, finalement assez courte, de réorganisation du travail aux ELS, nous allons reprendre cette publication dans cet esprit.

Il nous fallait trouver une personne capable d'en assurer le suivi (corrections, maquette, etc) et nous avons eu la chance de retrouver Aurélie Carpentier, qui avait réalisé de nombreux N° et qui pourra s'en charger à partir de décembre 2012.

Il est possible que je constitue, à ce moment là, avec Angie David et moi, une sorte de "comité de rédaction", c'est une chose à laquelle je réfléchis. Par ailleurs, nous organiserons peut-être, au Bedford, une de ces petites fêtes qui ont toujours rythmé la vie de la RL depuis l'origine, vers la mi-décembre 2012. J'en reparlerai avec plus de précisions ici et sur le blog des ELS.

PS du 7 décembre 2012. Finalement, ayant pris en compte les calendriers des uns, des autres et de chacun, les livres en cours à éditer et à écrire, mon envie de constituer autour de nous une sorte de comité éditorial, mon désir de recommencer par une fête digne de ce nom, j'ai décidé de reporter la livraison du N° 55 à la rentrée littéraire (août/septembre 2013).

Léo Scheer

dimanche 9 septembre 2012

131. La Revue Littéraire et Les Lettres Nouvelles.

Nous pouvons le dire maintenant, la première de couverture de La Revue Littéraire des ELS est une copie (en plus sobre), réalisée avec l'autorisation de Maurice Nadeau, de celle de la première livraison des Lettres Nouvelles, qu'il s'agisse du format, du code-couleur ou de la typographie. Rien à voir avec la NRF. Elle représente, dans notre esprit, un hommage à la démarche courageuse de Maurice Nadeau. Il en sera peut-être question à propos d'un ouvrage à paraître à la fin de l'année.

Nous avions décidé de ne pas faire de logo comme celui, ici en rouge : LN.

vendredi 3 août 2012

130. Aurélien Bellanger par Léo Scheer dans la sélection du POINT.FR

En attendant la nouvelle Revue Littéraire /

Le Point.fr vous fait découvrir cet été 30 titres de la rentrée.

Aujourd'hui, "La théorie de l'information" d'Aurélien Bellanger.

Aurélien Bellanger, petit frère de Houellebecq

par Léo Scheer

Au départ, Aurélien Bellanger est philosophe et libraire. Il fait partie de cette nouvelle génération d'artistes et de penseurs français qui fascine de nouveau l'Amérique. Là-bas, on les a baptisés "les nouveaux réalistes".

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samedi 14 juillet 2012

129. La Nouvelle Revue Littéraire

À partir de janvier 2013, commence une nouvelle étape dans la vie de La Revue Littéraire créée en 2004 et qui fêtera bientôt son 10ème anniversaire. Il s'agira du N°55 à partir duquel je deviendrai rédacteur en chef, Angie David restant la secrétaire de rédaction.

J'aimerais que ce blog devienne une interface, un instrument de travail, avec tous ceux qui auront envie de participer à cette nouvelle version de la RL. Je pense bien sûr à tous ceux qui l'ont animée depuis 2004, aux auteurs qui y ont publié leurs textes et leurs critiques. Mais je rêve aussi d'une revue encore plus ouverte, refusant toujours les lignes, qu'elles soient éditoriales, politique ou idéologiques, une revue où tous ceux avec qui je dialoguerai dans le cadre de ce blog pourront publier, sans exclusive. Un parfum de liberté absolue et, pour moi, de souveraineté, non moins absolue, mais qui ne prônerait que le désordre.

Mais il ne s'agira pas d'un désordre formel, nous organiserons le sommaire autour des mêmes rubriques classiques : textes, chroniques, entretiens, critiques, dossiers, ateliers, leçons (comme pour les leçons de Pierre Guyotat).

Pour les textes, j'aimerais mettre en avant des extraits de certains manuscrits que nous recevons sous forme de fichier numérique, en essayant de privilégier les premiers écrits de jeunes auteurs.

Les chroniques devraient pouvoir relever de toutes les disciplines. Le fait que la revue soit "littéraire" ne porte que sur la forme, l'envie des auteurs d'écrire d'une certaine façon, mais n'est pas exclusif des sujets abordés qui peuvent relever de tous les domaines qui s'écrivent.

Jusqu'à présent, nous nous sommes interdit de faire des entretiens ou des critiques sur les auteurs que publient les ELS. Nous allons changer ça et La Revue Littéraire va devenir un lieu privilégié pour dialoguer avec nos auteurs et publier des critiques consacrées à leurs livres. Mais nous continuerons à traiter de la même manière les auteurs publiés par d'autres maisons d'édition et dont nous avons envie de parler.

Pour les dossiers, je voudrais qu'ils accompagnent, en particulier, les livres publiés dans notre nouvelle collection Documents. Ainsi, pour les premiers titres publiés nous pourrions avoir des dossiers consacrés à l'éducation nationale, à la justice, aux politiques sociales, à la crise économique etc.

Les ateliers pourraient porter sur ce qui intéresse au premier chef les nouveaux auteurs : l'écriture, surtout s'ils peuvent dialoguer, à travers la RL avec les auteurs confirmés.

Pour les leçons, il faut trouver un cours à publier en plusieurs livraisons.

Je serais heureux d'avoir vos réactions à ce projet.

Léo Scheer

mercredi 20 octobre 2010

128. RL 49. La Carte et le Territoire : un roman nabien

La Revue littéraire n°49 (octobre 2010)

L'entrée de Marc-Édouard Nabe, avec L'Homme qui arrêta d'écrire, sur la deuxième liste du Renaudot (premier roman auto-édité, ou anti-édité, à se retrouver dans cette situation), est une bonne occasion pour lui de retrouver son ancien voisin de la rue de la Convention, Michel Houellebecq, également présent sur cette liste, ce qui est une surprise moins vive, et pour nous d'étudier la relation entre les deux écrivains.

Photo : les nabiennes du salon du livre.

Abeline Majorel. Créatrice de chroniquesdelarentréelittéraire.com et du Grand Prix littéraire du web, pigiste, traductrice et auteur à ses heures perdues.


Abeline Majorel

La Carte et le Territoire : un roman nabien

Si la lecture de La Carte et le Territoire fait songer si fort à L’Homme qui arrêta d’écrire, c’est que Michel Houellebecq n’a jamais aussi mal caché son intérêt pour Marc-Édouard Nabe, en particulier pour ses romans. Toutes les caractéristiques de L’Homme sont dans La Carte : le narrateur en demi-teinte, l’absence de scènes sexuelles, le narrateur dédoublé dans un autre artiste, l’art contemporain, les peoples utilisés comme personnages… Sans parler de la mort et de l’enterrement de l’auteur, qu’on trouvait déjà dans Je suis mort (1998), et de la présence d’un flic enquêteur (autre double) qui était le sujet même de Alain Zannini (2002).
Nous avons demandé à Abeline Majorel d’enquêter sur ce voisinage.

L. S. & F. G.

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mercredi 6 octobre 2010

127. RL 48. La rentrée littéraire. Salim Bachi

La Revue littéraire n°48 (septembre 2010)
Notes de lecture/Domaine français

Photographie : Douglas Fairbanks jr. dans Sinbad le marin de Richard Wallace (1947). © Martha Holmes.

Salim Bachi, Amours et aventures de Sindbad le Marin, Gallimard, 272 pages, 17,90 euros

par Ania Vercasson

Salim Bachi est désormais un romancier reconnu. Reprenant certains thèmes favoris que le lecteur aura pu découvrir dans ses précédents romans, à savoir la société algérienne, les voyages, l’imaginaire, le mythe et l’actuel, l’auteur nous plonge cette fois-ci au cœur des légendes et des contes ancestraux qui semblent trouver leur écho dans le monde moderne que nous arpentons jour après jour. Bienvenu, donc, dans une littérature qui semble retrouver ses origines.

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vendredi 1 octobre 2010

126. Les Mélanges Matzneff

Je suis heureux de vous annoncer ce qui n'est plus une surprise, mais demeure pour moi un enchantement : la mise en vente, à partir d'aujourd'hui, sur internet d'abord (chez l'éditeur), du Gabriel Matzneff que j'ai eu l'honneur de diriger aux Éditions du Sandre. Il sera en librairie dans une dizaine de jours.
Ce gros livre (368 pages, grand format – similaire à celui des « Cahiers de l'Herne ») ressortit au genre des « Mélanges », que le Trésor de la langue française définit comme « un ouvrage composé d'articles réunis et dédiés à un maître par ses amis, ses collaborateurs, ses disciples, en hommage à ce maître et portant sur la discipline dans laquelle il s'est distingué ». Il y a là en effet, sinon des collaborateurs de Matzneff, quelques-uns de ses amis, de ses disciples, de ses lecteurs, certains universitaires, d'autres écrivains, tous talentueux. De même, l'hommage est permanent, rendu aussi bien à Gabriel qu'à la discipline dans laquelle il se distingue aujourd'hui comme hier : la littérature, que chacun de nos petits travaux entend fêter, dans cet esprit de plaisir qui anime, par définition, tout matznévien. Tel était du moins le but, que je crois atteint.
Comme l'écrit l'obscur préfacier de l'ensemble : « Les auteurs des textes que vous allez lire forment un club de privilégiés. Ils ont en commun un amour pour l’œuvre de Gabriel Matzneff, cela va de soi ; mais, plus que n’importe quels commentateurs de n’importe quelle œuvre, ils partagent l’expérience d’un plaisir qui n’a cessé de se renouveler. Vous ne trouverez pas ici de doctes salmigondis, d’esprit de sérieux ou de parades conceptuelles, vous ne serez pas entraînés dans un vol plané au milieu des nuées. Vous trouverez de l’érudition, de la rigueur, certes, mais avant toute chose, et en toute chose, la célébration de cette chance qui nous a été octroyée, de la joie profonde que nous donne la fréquentation du monde de Matzneff. »

Je recopie ci-dessous le sommaire. Ensuite, il n'y aura plus qu'une chose à faire : vous savez laquelle.

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samedi 25 septembre 2010

124. RL 48. La rentrée littéraire. Alberto Velasco

La Revue littéraire n°48 (septembre 2010)

Ariane Lüthi est l'auteur de Vers une poétique de la note (Zurich, Druckerei der Zentralstelle, 2007) et Pratique et poétique de la note chez Georges Perros et Philippe Jaccottet (Éditions du Sandre, 2009). Elle a participé à divers ouvrages collectifs, et a publié, avec Sylvain Kerandoux, une édition du Flaubert de Maupassant (La Part commune, 2007). Elle collabore entre autres à Acta fabula, ALKEMIE (Timisoara), CCP, Euresis, Europe, Revue de Belles-Lettres (Genève) et Variations (Berne). À paraître en 2010 : Joseph Joubert (La Part commune).

Image : Caspar David Friedrich, Moine au bord de la mer (1809-1810), © BPK, Berlin, Dist RMN – Jörg P. Anders.

Ariane Lüthi

Chez l’artiste en son absence

Le Quantique des quantiques d’Alberto Velasco

Certains écrivains vivent et meurent dans l’ombre, et leur vie ne commence pour nous qu’après leur mort. Quinze ans après le décès d’Alberto Velasco (1963-1995) paraît ainsi une vingtaine de nouvelles de cet auteur qui n’avait jamais rien publié de son vivant. Qui était ce jeune créateur, écrivain et plasticien homosexuel mort du sida à l’âge de trente-deux ans ? Fils d’un ouvrier et d’une femme au foyer espagnols, Alberto Velasco grandit en banlieue parisienne ; élève brillant, spécialement doué pour le dessin et l’écriture, il entre en 1983 à l’École normale supérieure, en section histoire. Cinq ans plus tard, il se révolte contre l’institution et quitte la rue d’Ulm. En 1988, il découvre sa séropositivité et se jette dans la photographie, l’assemblage, la peinture, la sculpture, sans pour autant abandonner l’écriture qui restera toujours pour lui une activité parallèle à la création plastique. Sa santé décline constamment, le corps ne fonctionne plus comme autrefois, mais il résiste. C’est durant ces années de lutte qu’Alberto Velasco écrit Le Quantique des quantiques. Quelques mois après son achèvement, le 25 septembre 1995, il succombe à un sarcome de Kaposi diagnostiqué trop tard. Ses œuvres et objets sont dispersés chez une vingtaine de ses amis.

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vendredi 24 septembre 2010

125. Alberto Velasco lu par Charles Berling

mardi 21 septembre 2010

123. RL 49. La dernière journée de Montherlant, par Christian Lançon

La Revue littéraire n°49 (à paraître en octobre)

Henry de Montherlant est mort le 21 septembre 1972, il y a précisément trente-huit ans aujourd'hui. Christian Lançon raconte ses derniers instants.

Christian Lançon. Né en 1957. A collaboré à une dizaine de journaux et revues. Amateur de pamphlets, il se frotta au genre avec Une taupe chez Chirac (Les Belles-Lettres, 1997) et cosigna avec Dominique Lacout un hommage à un expert en la matière, La mise à mort de Jean-Edern Hallier (Presses de la Renaissance, 2006).

Christian Lançon

La dernière journée de Montherlant

J’ai vécu comme j’ai voulu ; je mourrai comme il me plaira.
(Pétrone, dans Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz.)

Au début de 1904, Riry, garçonnet de huit ans, se voit offrir par sa grand-mère une édition pour la jeunesse de Quo Vadis, le roman du Polonais Sienkiewicz qui fait alors fureur. Les malheurs de la jeune Lygie, chrétienne des catacombes persécutée par l’horrible Néron, feront vibrer, pense la pieuse dame, la fibre catholique du petit garçon. Grossière erreur. Son petit-fils saute les pages consacrées à l’apôtre Pierre et s’enflamme pour l’hédoniste Pétrone, l’« arbitre des élégances » de la cour de Néron, dont il adopte illico l’excitant programme : faire de sa vie une œuvre d’art. À douze ans, révélation : son héros a existé. Il a même signé un roman quelque peu canaille, Le Satiricon, dont Riry va faire ses délices. Plus tard, en lisant Tacite, il découvrira à quelle source Sienkiewicz a puisé. Il comprendra surtout que l’auteur de Quo Vadis a sacrément brodé : le portrait de Pétrone dans les Annales ne fait pas trente lignes. Mais Riry se soucie de la vérité historique comme de son premier biberon. Il a tôt fait de trancher, le seul et vrai Pétrone, c’est celui de Quo Vadis, et ce, pour une raison irrécusable : avec lui, son imagination galope bien plus loin qu’avec celui de Tacite.

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lundi 20 septembre 2010

122. RL 48. La rentrée littéraire. Domaine français (2) : Ferrier, Sprenger & Barbéris

La Revue littéraire n°48 (septembre 2010)
Notes de lecture/Domaine français

2. Michaël Ferrier, Anne-Sylvie Sprenger & Dominique Barbéris

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mercredi 15 septembre 2010

121. Gabriel Matzneff aux Éditions du Sandre

Voici à quoi j'ai consacré mon été. Je vous reparlerai de ce travail, mais je ne pouvais pas, en ce jour faste, faire autrement que vous annoncer la prochaine parution de ce premier ouvrage collectif consacré à l'œuvre de Gabriel Matzneff, à paraître aux Éditions du Sandre.

mardi 14 septembre 2010

120. RL 48. La rentrée littéraire. Domaine français (1) : Domecq, Mouzat & Gabriel

La Revue littéraire n°48 (septembre 2010)
Notes de lecture/Domaine français

1. Jean-Philippe Domecq, Virginie Mouzat & Fabrice Gabriel

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lundi 13 septembre 2010

119. RL 48. La rentrée littéraire. Claro

La Revue littéraire n°48 (septembre 2010)
Notes de lecture/Domaine français

Photographie : Claro par Olivier Roller.

Claro, CosmoZ, Actes Sud, 496 pages, 22,80 euros

par Laure Limongi

Cher lecteur,

On a essayé de ne pas donner dans le méchant vilain spoiler.
Mais comme CosmoZ parle du Magicien d’Oz, on en raconte l’intrigue pour pouvoir expliquer comment et pourquoi l’auteur… enfin, vous voyez, quoi. Alors si ça fait trente ans que vous attendez de dévorer ce livre de L. Frank Baum ou de voir le film homonyme où l’on chante « Somewhere over the rainbow »… Eh bien, faites-le avant de lire cet article.
De surcroît, depuis la lecture de CosmoZ, on cherche à inventer un mot plus fort qu’« adorer » – là on est entre « aduldorer » et « gosténérer » –, alors on n’a pas pu s’empêcher, c’était plus fort que nous, d’analyser certains éléments du texte, notamment en les mettant en rapport avec d’autres livres de Claro.
Donc si vous êtes du genre à préférer arriver vierge de tout commentaire dans une œuvre magistrale – un peu comme à la plage on ne saurait s’interdire le plaisir violent de la déferlante –, vous pouvez suspendre la lecture de ces lignes, vous ruer les yeux fermés chez votre libraire préféré et lire CosmoZ là, maintenant, tout de suite, avant que le monde n’explose.

Lire la suite sur l'excellent blog de Laure Limongi : rougelarsenrose.

mercredi 8 septembre 2010

118. RL 48. La rentrée littéraire. Philippe Forest

La Revue littéraire n°48 (septembre 2010)

Marie-Magdeleine Lessana est psychanalyste et écrivain. Elle est l'auteur d'essais, dont Malaise dans la procréation (Albin Michel, 1998), Entre mère et fille : un ravage (Pauvert, 2000) ou Marilyn, portrait d'une apparition (Bayard, 2005), et de romans : Chambre d'accusation (Pauvert, 2002), Ne quittez pas (Maren Sell, 2006), Mon frère (Ramsay, 2009).

Photographie : le crash du G-ADVA CAPRICORNUS d'Imperial Airways, le 24 mars 1937 à Ouroux (source).

Marie-Magdeleine Lessana

Forest traverse les nuées du vieux vingtième siècle

Philippe Forest, Le Siècle des nuages

(Gallimard, 560 pages, 21,50 euros)

En refermant ce livre on regarde les nuages et le ciel autrement. Ou plutôt se ravive l’acuité de certaines visions éblouissantes de ciels incroyables, nuages élevés en cheminées vaporeuses gigantesques, filaments étirés par les vents comme des cheveux d’ange, coucher de soleil sur l’océan où l’horizon s’épaissit de rouge, parfois de vert ou de noir, gros nuages sombres annonçant l’orage sur la plaine ou vus de la fenêtre, ou d’un hublot d’avion de ligne, présences singulières en apparence solides au milieu desquelles l’autocar volant plonge ; ces nuages splendides et fugitifs qui ont frappé nos yeux ont laissé des souvenirs dont l’impact esthétique s’est dissous avec eux. La lecture de ce livre les fait revenir aigus. Au milieu d’eux, nous sommes embarqués dans la langue de Philippe Forest, raffinée, précise, sensuelle, aux phrases longues au rythme chantant. Optant pour le participe présent tout au long de ces pages, nous entraînant avec lui à suivre un homme qui traversa le « vieux vingtième siècle », comme il se plaît à le nommer, le siècle des nuages, ce monsieur étant son père, mort, tombé d’un coup sur la face, rue de la Procession à Paris un 26 novembre 1998. Le narrateur, fils, écrivant le roman de lui, personnage énigmatique, impénétrable, à quiconque et premièrement à lui-même, n’ayant pas cherché à trouver la raison du fil de sa vie, de ses choix, ni de sa vraie passion, l’aéronautique – aventure pionnière de ce « vieux vingtième siècle » –, pilote instructeur lors de la Deuxième Guerre mondiale, à la fin, puis pilote de ligne à la compagnie Air France, parce qu’il était « de son temps », homme honnête, droit, légaliste, catholique pratiquant, sans aucun mysticisme, incarnant des valeurs qui comportaient l’effort, l’application, la rigueur, la fidélité, même l’humilité, mais pas le doute. Philippe Forest écrit le roman de la vie de son père, dit banalement, et il écrit un roman du vingtième siècle, siècle de l’aviation et du cinéma. Car l’aéronautique est un véritable cinéma sublime, enthousiasmant, dangereux, et finalement monotone, au milieu de ceux-ci qui, eux, ne vieillissent pas, ne torturent pas et ne déçoivent pas : les nuages. Le narrateur, en place de fils qui semble payer son tribu à la mémoire d’un père, dont il a la même voix, les mêmes yeux, peu connu de lui et d’un siècle qui le dégoûte plutôt, cherche à construire une raison à ce géniteur. Il fait partir sa vocation de l’aéronautique ; un jour de mars 1937, son père, jeune homme ayant alors seize ans (je suis contaminée par le participe présent, décidément), aurait pu, ou aurait dû, assister au crash désastreux d’un hydravion de l’Imperial Airways amerrissant sur la Saône à Mâcon, ville où le garçon grandissait, qui percuta la montagne alentour, tuant passagers et pilotes. La contemplation de la carlingue éventrée et des cadavres aurait décidé pour lui.

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