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Bruno Aveillan

Curieusement, Bruno Aveillan utilise la lumière pour obscurcir ses paysages, nous éloignant d’une lecture franche de l’image pour nous entraîner dans un monde du semi-visible, que seule une réponse émotionnelle peut nous permettre de percevoir. Le spectateur est bercé par une rêverie hypnotique, au-delà des mots, au-delà de la narration et de la conceptualisation, ouvrant adroitement un espace entre les espaces, telle « la porte sans porte » des maîtres du Zen.

Dans cette incapacité à voir clairement, les images deviennent un outil grâce auquel il est possible de nous voir et de voir nos rêves à l’intérieur. Nous injectons nos propres fantômes et fantasmes dans des formes qui existent au-delà de la perception. Aveillan atteint cette interaction par sa manipulation magistrale de la lumière, triangulant entre des situations extrêmement rétro éclairées, l’utilisation de surfaces translucides ou réfléchissantes comme le verre, l’eau et parfois d’un miroir, offert à la lentille presque obsessivement, jusqu’à parvenir à l’équilibre exact entre netteté et lumière diffuse, que le poétiquement nommé « cercle de confusion » et « bokeh » se fondent dans la création photographique.