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Le Zaroff Le Zaroff
Julien d’Abrigeon



parution 25 novembre 2009
128 pages
15 euros
isbn 978-2-7561-0213-9

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S'inspirant de la chasse à l'homme du comte Zaroff – film fantastique culte – Julien d'Abrigeon propose un objet littéraire cruel et profond, une traque contemporaine haletante.

27 « chasses », 22 « sorties », 7 « reflets », 14 « traques », 10 « cavales » composent Le Zaroff, récit multiple composé de courses-poursuites et de mises à mort. L’univers machiavélique de comte du film est transposé dans l’époque actuelle : syndicaliste, automobiliste, passant, contrat à exécuter, voisin gêneur, poète, journaliste télé, pizzaïolo, touriste… Tel est le gibier de ce Zaroff contemporain, sans île ni forteresse mais non-dénué d’inventivité en matière de meurtre. _Monstre trop humain, Dexter sans code, le héros inhumain, trop humain, fait, en toute impunité, le vide autour de lui. Fuyard en série, il traverse des routes vertigineuses et des paysages teintés de vert sombre, aux arbres bavards – chaque bruissement incarnant sa fuite infinie.

Le récit n’est pas linéaire mais découpé en séquences. L’auteur en a proposé un ordre, simplement indicatif. Le lecteur peut associer les séquences à loisir, permuter les épisodes, renverser le suspens, grâce à la table des matières, influant dans un sens ou dans un autre la traque sans pitié.

Le Zaroff nous plonge dans un univers de proies et de prédateurs, un univers effrayant et fascinant, porté par une écriture haletante, virtuose, épousant aussi bien le pas élastique du tueur que les nuances du paysage. Nourri de culture contemporaine, Julien d’Abrigeon fait de son héros l’incarnation d’un mal complexe, suréquipé et sous-moralisé, adepte de la vitesse et soumis au rythme des jours, industrieux et finalement démuni – car condamné à la fuite.

« Je m’appelle Zaroff est le nom que l’on me donne. Je suis vieux, 23 ans, âgé depuis longtemps, j’accumule richesses dans le dénuement le plus total, j’habite Paris, en Angleterre, sur le continent asiatique, une île de terre ferme. Je suis blond, cheveux très noirs, le regard sombre, bleu clair, ma taille est imposante, je suis trapu, fort, ma faiblesse physique due à mon âge se ressent sur ma voix claire, étouffée, je déteste les pauvres car ils n’ont pas vécu ce que nous, les pauvres, avons vécu, c’est pour cela que j’abats les riches, j’en suis un je sais ce que c’est, je suis pour plus d’équité sociale même si cela doit aggraver les inégalités, j’existe n’existe plus je n’ai jamais existé sinon dans les rêves de ceux qui ne rêvent pas. J’aime tuer, cela me dégoûte. Je me sens moralement bon mauvais puisque je suis amoralement immoral. »


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