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Exposition Galerie
Eric Rondepierre

PARTIES COMMUNES, 2005-2007.
Exposition du 13 novembre au 22 décembre 2007
PROLONGATION jusqu’au 26 Janvier

Galerie Léo Scheer
14-16 rue Verneuil 75007 Paris

http://www.ericrondepierre.com


Avec ses « reprises de vue  », Eric Rondepierre a tiré toutes les conséquences de la « reproductibilité technique  » et de la « société du spectacle  ». Les séries qu’il élabore au fil de ses recherches dans les archives de film tournent autour d’un point aveugle qui se déplace depuis quinze ans, donnant àchaque série sa place dans un projet dont la cohérence ne laisse pas d’étonner. Qu’il détourne des images totalement noires dont il ne reste que le sous-titre (« Excédents  »), qu’il prélève le 24e de seconde àl’intérieur duquel un texte de bande-annonce se forme dans l’image (« Annonces), qu’il mette en évidence la congruence de l’image et des signes de sa dégradation (« Précis de décomposition  ») ou qu’il nous invite àregarder entre deux photogrammes (« Suites  »), il s’agira toujours de capter un temps qui nous échappe, entraîné dans la nébuleuse du cinéma dont l’artiste explore les trous noirs. Toutes les Å“uvres « choisies  » (Rondepierre ne manipule rien) sont liées àdes défaillances du système filmique qui déterminent la façon de percevoir, de « cadrer  ».

Depuis quelques années Rondepierre a transgressé la limite qu’il s’était imposée : il fabrique maintenant ses images lui-même. Il est passé de la découverte àl’invention, comme le dit Quentin Bajac, dans la préface du livre qui accompagne l’exposition *. Néanmoins, le cinéma reste présent. Avec « Loupe/Dormeurs  » (2002) et maintenant avec « Parties Communes  » (2007) il assume toutes les conséquences de la logique « spectaculaire  » en amalgamant des photos d’archives de film et des images contemporaines qu’il prend dans son quotidien. Dans « Loupe/ Dormeurs  », la co-présence des prises et des « reprises de vue  » est induite par l’examen àla loupe d’un photogramme, le tout « pixellisé  » par un roman de 156 000 signes qui apparaît et disparaît dans chaque photo selon le point de vue du regardeur. Dans « Parties communes  », le cinéma apparaît au détour d’une rue, dans un couloir de métro, au milieu de ruines … C’est ainsi que mêlant deux mediums et deux temporalités, des personnages sortis d’une fiction des années vingt peuvent entrer en contact avec des SDF dans une photo d’aujourd’hui. Cette contamination produit des effets de sens plus ou moins troubles, crée un mystère, une tension de type hallucinatoire. La négativité humoristique des premiers travaux de l’artiste semble laisser place àune intelligence de l’image plus concertée, mais tout aussi déstabilisante. Le voyeur s’est transformé en voyant. Pour notre plus grand plaisir.

* A cette occasion, un livre aux éditions Janvier/Léo Scheer est prévu qui reprendra les images de l’exposition (« Parties communes  » et « Loupe/Dormeurs  ») avec une préface de Quentin Bajac, conservateur au Centre Pompidou.
Paraîtra également aux éditions Léo Scheer (coll. « Variations  ») : « Toujours rien sur Robert  »

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