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BrunPierre Guyotat. Essai biographique.

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C’est une biographie indispensable à tous ceux qui veulent mieux comprendre Guyotat ou travailler sur lui, un texte de référence, très documenté, avec des notes abondantes et une bibliographie imposante. Mais c’est aussi un livre très agréable à lire, d’une traite, comme une plongée dans une aventure artistique de la seconde moitié du XXe siècle. (…) Le nomadisme, les voyages, les angoisses et les maladies, jusqu’au coma, le désir de suicide, les femmes, la drogue et la drague homosexuelle, l’expérience du théâtre, l’approfondissement d’une œuvre qui pousse la déconstruction de la langue jusqu’au point, pour certains, de l’illisibilité : Catherine Brun explore tout cela avec une impeccable rigueur — et une telle adhésion au travail de Guyotat qu’elle laisse peu de place aux interrogations sur ce geste artistique singulier. Mais elle éclaire magnifiquement ce parcours, cette volonté d’« art total » d’un homme libre, se voyant « quelquefois » comme « une sorte de héros de la beauté ». Josyane Savigneau, Le Monde, le 6 mai 2005.

Si Guyotat a souvent été lu au filtre des théories sémiologiques et en dehors de toute référence à la vie de l’auteur, la parution simultanée d’une biographie, la réédition de ses deux premiers livres (écrits aux âges de 20 et 23 ans) et la divulgation de ses notes de travail sur la période 1962-1969 jettent une lumière nouvelle, éditoriale, biographique, génétique, sur les textes. (…) La biographie de Catherine Brun est évidemment un tournant dans les études guyotiennes. Éric Loret, Libération, le 12 mai 2005.

Qu’est-ce qui fascine chez Guyotat ? Une œuvre radicale, l’explosion de tout clivage, un refus de toute concession, plus que jamais mis à nu dans le colossal travail biographique que livre aujourd’hui Catherine Brun. Quatorze années aux côtés de Guyotat qui lui ouvre ses archives, lui livre toutes ses notes, beaucoup d’inédits, des brouillons de lettres, des textes préparatoires à ses rendez-vous - « Je prépare tout », dit celui qui cherche méticuleusement le mot juste. Catherine Brun a finement, précisément imbriqué la vie et l’écriture, tant l’une et l’autre se nourrissent, particulièrement chez Guyotat, jusqu’à frôler, fin 70-début 80, la mort via la dépression, l’amaigrissement et le coma. Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles, mai 2005.

Jean-Claude Perrier : Combien de temps avez-vous mis à écrire ce livre ? Catherine Brun : Depuis le moment où l’idée en a été émise par Léo Scheer jusqu’à sa parution, environ trois ans. Mais cela fait quinze ans que je travaille sur l’œuvre de Pierre Guyotat. Je lui ai consacré un DEA en 1991, et une thèse en 1998 : c’était d’ailleurs la première en France ! J.-C. P. : Comment s’est comporté Guyotat vis-à-vis de votre projet ? C. B : Il m’a laissé une entière liberté, mais comme c’est quelqu’un de très interventionniste, qui perçoit et constitue sa vie comme une œuvre et voudrait pouvoir la retoucher, il a suivi tout le processus d’élaboration du livre, et l’a relu. Il a apporté quelques précisions, rectifié quelques erreurs, surtout de formulation. Mais c’est moi qui ai eu le « final cut » sur le texte. J.-C. P. : Et quelle a été sa réaction ? C. B : « Très content, mais… » Je pense que Guyotat va relire très attentivement mon Guyotat dès la parution. Propos recueillis par Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo, n° 598, vendredi 22 avril.

« Ma chance, je crois, a confié Catherine Brun, a été de connaître l’œuvre avant l’homme, puis de ne jamais dissocier les deux. » C’est en effet ce qui fait la force de son travail : plus de cinq cents pages où sont minutieusement analysés les liens entre biographie et écrits. S’il est une œuvre dont on ne peut rien entendre si on ne la met pas constamment en rapport avec la manière dont un corps, un imaginaire et un mental ont été, et sont toujours, en contact, en douloureuse ou voluptueuse osmose, mais aussi en opposition, parfois en âpre conflit, avec l’Histoire humaine, avec ses grandeurs et ses tragédies, c’est bien celle de Pierre Guyotat. De même qu’on en comprendrait mal la tension, les enjeux, l’audace, si l’on négligeait ce qui en elle, dans sa forme, dans l’évolution de son écriture, doit au vécu quotidien de son auteur. Si la vie de Pierre Guyotat connut des moments difficiles, accablants, déchirants, elle eut ses périodes de joie, d’euphorie et de paix intérieure. Puis-je dire, ayant été lié d’amitié avec Pierre dès la fin des années 1960, et gardant avec lui des liens de profonde affection, ayant donc été le témoin direct, attentif, d’une longue période de sa vie, et notamment des moments les plus durs (batailles avec les éditeurs, incompréhension et hostilité d’une certaine critique, censures, maladie, séjours en milieu hospitalier…) que l’essai de Catherine Brun me semble restituer au mieux l’itinéraire de vie de celui-ci, le sens de ses combats, la logique profonde qui a, depuis tout jeune enfant, déterminé sa vie d’homme et d’écrivain. Jacques Henric, Artpress, Juin 2005, n° 313

Dans sa biographie étayée, nourrie de la thèse universitaire qui l’a précédée (...), Catherine Brun rappelle l’impact de la publication en 1967 de cette épopée lyrique ancrée dans l’histoire récente de la Guerre d’Algérie ( Tombeau pour cinq cent mille soldats), et l’enthousiasme des lecteurs aussi précieux que Leiris, Foucault ou des Forets (...). Elle retrace ensuite les principales étapes de ce qui allait en découler, à commencer par la parution de Éden, Éden, Éden , en 1970, aussitôt censuré malgré les préfaces "préventives" de Leiris, Barthes, et Sollers - l’interdiction ne sera levée qu’en 1981, après dix années de mise au secret dans l’enfer de la bibliothèque d’une part evidemment coupable de l’auteur. Bertrand Leclair, LA QUINZAINE LITTÉRAIRE, 01/15 juin 2005.



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